le: 22/10/2019
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ANTENNES-RELAIS:Les dangers


La prolifération des antennes-relais sur les toits des immeubles et la téléphonie mobile se réduit-elle à un problème de santé ?
D'autres facteurs existent. Olivier Borraz,chercheur au CNRS dans le domaine de la gouvernance des risques, en est convaincu.Les protestations contre les antennes-relais ne tiennent compte que des risques sanitaires. D'après le sociologue les facteurs suivants ne sont pas pris en compte dans l'évaluation des risques:


'Les personnes vulnérables au plan économique et social qui ne trouvent pas du coté de la famille ou de la socièté, les formes de protection dont elles ont besoin,traduisent pafois cette vulnérablité en une demande politique de sécurité sanitaire.Elles attendront de l'Etat qu'il les protége contre une menace,que celle-ci provienne des antennes-relais,des pesticides ou d'autre chose.'


Quel part donner au facteur psychologique ?. Yannick Barthe(Ecole des Mines de Paris) qui étudie les 'épidémies de symptômes inexpliqués'pense que la peur du changement technologique puisse jouer son rôle dans les malaises ressentis au voisinage des antennes-relais.
Dans une situation d'incertitude scientifique,le problème ne vient pas de la technologie elle-même,il vient de l'individu.


Ondes et et fréquences

Les ondes qui se propagent sont le résultat de deux champ:un champ électrique et un champ magnétique.La direction de propagation est perpendiculaire aux vecteurs de ces 2 champs.On peut considérer les ondes comme constituées par l'association d'un champ électrique E et d'un champ magnétique H. Ces deux champs oscillants sont perpendiculaires entre eux et perpendiculaires à la direction de propagation. Le rapport E/H entre l'amplitude de ces deux champs est égal à 377 ohms. La connaissance de l'un entraine la connaissance de l'autre.







Pour cette raison, on définit en général l'amplitude de l'onde par l'amplitude de son champ électrique. L’amplitude correspond à la hauteur d’une 'vague', la longueur d’onde à la distance entre les crêtes de deux 'vagues' successives.






La fréquence, nombre de 'vagues' par seconde, est inversement proportionnelle à la longueur d’onde. La puissance du champ émis est fonction de la fréquence. Plus la fréqence est élevée plus le rayonnement émis est puissant.


D'après le schéma ci-dessus on retrouve le champ magnétique évoluant en fonction des fréquences donc de la puissance émise et les appareils et systèmes corespondants:
-Les basses fréquences:inférieures à 30khz.On retrouve les lignes électriques à hautes tensions-les écrans vidéo-les plaques de cuisson à induction
Les radiofréquences:entre 30khz et 300 Ghz.:Cela concerne toutes les transmissions sans fil.Les systèmes de détection et d'aide à la navigation-les radio AM et FM- télévisions térestres et satélites-téléphones mobiles-réseaux informatiques-radars-antennes relais,...
-Infrarouge:entre 300 Ghz et et 385 Thz.Le rayonnement est émis par les corps chauds. Il est utilisé dans le domaine militaire por le guidage des missiles et les systèmes de commande à distance(télécommandes).
U.V.:entre 750 Thz et 35000 Thz.:Le rayonnement UV réagit avec les cellules de la peau afin de provoquer le bronzage. Ils sont à l'origine de cancer de la peau si le temps d'exposition est exagéré.
Rayons X:entre 35000 Thz et 50 millions de Thz.:Les rayons pénétrent le corps humain et sont absorbés par les os, ce qui permet l'imagerie médicale (radiographie,scanner). Les rayons X sont utilisés pour détruire les cellules cancéreuses. Une trop longue exposition est mortelle.
Rayons gamma:entre 5000 millions de Thz.et 10 milliards de Thz.:Emis par des rayonnements radioactif, ils sont très énergétiques donc très pénétrants. Ils provoquent de sérieux dommages dans le corps humains.Afin de protéger l'homme les rayons gammas doivent être isolés à travers des cloisons très épaisses(plomb,béton).



Les antennes relais
Elles émettent dans la bande des radiofréquences et contrairement à une idée reçue, ce n'est pas au plus près d'une antenne-relai de téléphonie mobile que l'on est le plus exposé aux ondes.


Une étude française menée par François Viel(CNRS, Université de Besançon) a permis de constater que pour les deux fréquences utilisées en téléphonie mobileGSM(600MHz) et DCS(1800MHz)l'exposition est maximale à environ 280m de l'antenne relai en zone urbaine et à 1000m en zone périurbaine et là ou le rayon va toucher le sol. Le rayon est oblique, pour pouvoir couvrir un champ éloigné, comme le font les phares marins, précise François Viel
Dans la vie quotidienne l'homme se trouve exposé à des champs magnétiques provenant de différentes sources de radiofréquences:postes de radio,télévisions,communications téléphoniques, satellites, téléphonie mobile et de nombreuses antennes-relais.
Bien que les niveaux de radiofréquences produits par les relais de télévision et de radio et par les stations de base soient bien plus bas que ceux liés à l 'utilisation du téléphone mobile, c'est l'exposition plus continue aux antennes qui préoccupent davantage les gens.Tout le monde sait qu'une trop longue exposition aux UV du soleil est dommageable pour la peau. La différence entre les radiofréquences et les UV est uniquement une question de fréquences.


l'Académie de médecine a cependant conclu avec le gouvernement, qu'on
'ne connaît aucun mécanisme par lequel les champs électromagnétiques dans cette gamme d'energie et de fréquence pourraient avoir un effet négatif sur la santé',

François Viel rappellant que l'étude dont il est l'auteur n'avait pas pour but de démontrer la nocivité pour l'homme des émissions dues aux antennes relais.

Ces normes sont cependant jugées insuffisantes par les opposants aux antennes-relais qui eux exigent avec des arguments que le seuil de 0.6 volt/mètre soit appliqué

Ce seuil de 0,6 volt/mètre est recommandé par des scientifiques internationaux indépendants. Au-dessus, on a pu constater chez certaines personnes des nausées et des vertiges. Actuellement en France, les taux d’émission autorisés sont pourtant beaucoup plus élevés, ils vont de 41 à 61 volt/mètre, ce qui demeure conforme avec les recommandations de l’Organisation Mondiale de la Santé.

A Paris et à Château-Thierry,.... des assignations ont été lancées pour obliger les opérateurs à baisser leur taux d’exposition.



Les antennes relais et la justice

Le démentélement et la non implantation d'antennes relais ont été ordonnées par la justice pour des raisons sanitaires depuis 2009.Les opérateurs sont inquiets.Ils sont tenus par contrat d'assurer la couverture du territoire.


En février 2009 la cour d'appel de Versailles et le tribunal de grande Instance de Carpentras ont condamné respectivement Bouygues Telecom et SFR à enlever les antennes implantées dans les communes de Tassin La Demi Lune(Rhone) et Chateauneuf du Pape(Vaucluse). L'antenne Bouygues Telecom émettant pourtant entre 0.3 et 1.8 volt/mètre et était bien conforme au décrêt du 3 mai 2002 réglementant les émissions des antennes entre 41 et 61 volt/mètre. Le juge a retenu qu'elles créaient un 'trouble anormal de voisinage'.
Pour le jugement du TGI de Carpentras 'le risque est envisageable voir probable'Le principe de précaution est au coeur du problème.
Intégréé en 2005 dans la constitution grâce à la charte de l'environnement, il permet de prendre des mesures de précaution lorsqu'une activité paraît menacer la santé humaine ou l'environnement même si aucune relation de cause à effet n'a été établie scientifiquement.
Le maîs Monsanto 810 est interdit en France sur ce fondement.depuis janvier 2008.Un pas supplémentaire a été franchi le 5 mars 2009 avec le jugement du TGI d'Angers. interdisant provisoirement Orange d'ériger trois antennes à moins de 100 mètres d'une école.
Ces décisions de justice ne sont pas définitives.SFR a fait appel et Bouygues a réfléchi à un pourvoi en cassation mais finalement a renoncé le 2 avril 2010.


Il ressort des différent jugements que la position du juge civil est différente de celle du juge administratif et qu’elle permet non seulement de solliciter la démolition des pylônes supportant des antennes relais mais également de 'faire défense' à un opérateur d’implanter des antennes relais dès lors qu’un risque sanitaire existe et même si ce risque est hypothétique en vertu du principe de précaution.
L'académie de médecine se prononce sur l'absence de risque et met en garde contre une interprétation 'subjective du principe de précaution'